Homélie
Homélie du dimanche 6 septembre - Temps ordinaire - Année A
Matthieu 18, 15-20
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel
Matthieu rassemble dans le chapitre 18 de son évangile les paroles de Jésus sur la vie que ses disciples devront vivre dans son Eglise. Ce discours de Jésus trouve sa juste place ici.
En effet, n'oublions pas la promesse de Jésus faite à Pierre après sa profession de foi :
"tu es pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise."
Et lorsque Jésus parle de ce qu'il doit vivre et souffrir à Jérusalem, il sait que c'est là que va naître son Eglise, et que c'est à partir de là qu'elle va se répandre à travers le monde.

Mais de quelle Eglise rêve-t-il ? Dans le chapitre 18 de Saint Matthieu, il est question d'une Eglise qui appartient à Dieu, à ce Dieu qui aime les hommes et qui veut leur bien. Cette Eglise doit être ouverte à tous, surtout à ceux qu'on n’attend pas : les petits et les brebis égarées. Elle doit se faire remarquer par la pratique de cette réalité si précieuse et si rare : le pardon sans limite.
Dans l'évangile de ce dimanche, il est question d'un frère, d'un membre de la communauté qui a commis un péché. Comprenons qu'il s'agit de quelqu'un qui est en train de se couper de la communauté, soit pour des questions de foi, soit pour des questions de conduite ou de choix de vie. Un frère qui prend des distances, ça fait mal ! Alors, dit Jésus, "va lui parler seul à seul; s'il t’écoute, tu auras gagné ton frère." Tu l'auras gagné pour son bien et pour le bien de la communauté.

Aujourd'hui, dans notre Eglise, à travers le monde et en tous lieux, les questions qui fâchent se multiplient. Partout, surtout dans les pays occidentaux, et chez nous par conséquent, un certain nombre d'hommes et de femmes sincères et honnêtes croient devoir s'éloigner de l'Eglise, parce qu'ils ne sont pas en accord avec ce que disent ceux qui ont autorité dans l'Eglise.
Vous connaissez ces questions qui fâchent : l'ordination des hommes mariés ou des femmes, les divorcés remariés, les graves questions des débuts et de fin de vie, sans parler des scandales qui salissent l'Eglise. 
On s'éloigne de l'Eglise en s'éloignant aussi de ce qui est le cœur de la foi : la Parole Vivante de Jésus, les sacrements, la prière.
Il nous revient d'aider l'autre à faire la part des choses, à se fixer sur l'essentiel, à faire preuve de patience." S’il t'écoute, tu auras gagné ton frère”, nous dit Jésus. Cela peut arriver à chacun de nous.

L'évangile de ce dimanche nous parle aussi de la prière et de la prière en Église. La prière personnelle, c'est très important; et Jésus la recommande : "Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra."
Mais aujourd'hui, Jésus invite à la prière en Église. Pensons à la prière de cette cellule d'Eglise qu’est la famille chrétienne : prière des époux, prière des parents et enfants.
La prière en Église, c'est la grande prière de l'Assemblée chrétienne réunie au nom de Jésus : “ je suis là, au milieu d’eux”, dit Jésus. Nous prions les uns pour les autres. L'Eglise se sent en charge de l'humanité tout entière dont elle présente à Dieu les besoins temporels et spirituels.
J'aime entendre Paul nous dire aujourd'hui : "N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l'amour mutuel". "Nous ignorons certainement les dettes que nous avons envers ceux qui prient pour nous. Pensons-y. 
Quand nous disons le "Je confesse à Dieu", nous disons : "je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi."

En arrivant au ciel, nous découvrirons avec un joyeux étonnement que, sur terre, nous étions portés par la prière de beaucoup. Sachons dire à ceux que nous aimons : "tu sais, je prie souvent pour toi... surtout le dimanche, à la messe."